人形をほしがる男の子

アナトール・フランスの『シルヴェストル・ボナールの罪』に人形を欲しがる男の子が登場すると、キャンパスですれちがいざまに教えていただいた。

私は少年時代の欲望を思い出す。幼かった頃のはげしい物ほしさがいま私には何とよく理解できることか。

十歳のころセーヌ街のとある貧弱な店先に陳列してあった一つの人形がいまも不思議なほどはっきりと目に浮かぶ。どうしてその人形が好きになったのか、それはわからない。私は男の子であることが大の得意であった。女の子を軽蔑し、痛い髭が頤に生える時(ああその時はついに来た)を待ちかねていた。兵隊ごっこをしたり、遊動木馬に餌をやろうと、母が窓辺に作っている丹精の植木を荒らしたりした。けだしこれらは男性的遊戯であろう。しかも私は人形がほしかったのである。ヘラクレスのような豪傑にもこんな弱味はあるものだ。私の好きな人形はせめて美しくはあったろうか。いな、それは今でも目に残っている。両類には朱色の斑点がついていた。

ふにゃふにゃした短い腕、醜悪な木の手、左右にひろげた長い脚。花模様のスカートが二本のピンで胴につけてあった。この二本のピンの黒い頭が今でも目に見えるようである。いかにも場末くさい下品な人形であった。当時まだほんの子供であり、半ズボンもたくさんはきつぶしてはいなかったけれど、この人形には品もたしなみもないこと、下卑てがさつだということを、私は私なりに、しかも痛切に感じていた。それにもかかわらず好きなのである。いな、それゆえにこそ好きなのである。ただ一途に好きなのである。ほしいのである。兵隊の人形も太鼓も、もう眼中になくなった。遊動木馬の口にヘリオトロープやヴェロニカの杖をもう突っ込みはしなくなった。

私にとってはその人形がすべてであった。女中のヴィルジニーにセーヌ街の小さな店の前を通らせようと私は手に負えない策略をめぐらした。飾り窓のガラスに身を押しつけ、女中が腕をひっぱらねば動こうとしなかった。《シルヴェストル坊ちゃん、遅くなりましたからお母さんにしかられますよ》。当時シルヴェストル坊ちゃんはしかられることもぶたれることも平気だった。ところが女中は坊ちゃんを羽根のように軽がると抱きあげる。シルヴェストル坊ちゃんは力にはかなわなかった。それから年をとるにつれて坊ちゃんはすっかりだめになり、恐怖に屈服するようになった。当時坊ちゃんは天下に何一つ恐れるものはなかったのである。

私は悲しかった。無反省な、しかしおさえがたい恥ずかしさのために、愛の対象を母に打ち明けることができない。それが苦しみの種であった。幾日かのあいだ、その人形は絶えず私の脳裏を去来し、私の目の前に踊ったり、私を見つめたり、私に両腕を開いたりした。私の空想のなかで人形には一種の魂がはいってきた。それが人形を神秘的な、恐ろしい、またそれだけに一層なつかしく望ましいものにしたのである。

アナトール・フランス『シルヴェストル・ボナールの罪』伊吹武彦訳、岩波文庫、1975年、23-25頁。

Je me rappelle mes désirs d’enfant. Comme je comprends aujourd’hui les envies toutes-puissantes de mon premier âge !

Je revois avec une singulière précision une poupée qui, lorsque j’avais dix ans, s’étalait dans une méchante boutique de la rue de Seine. Comment il arriva que cette poupée me plut, je ne sais. J’étais très fier d’être un garçon ; je méprisais les petites filles et j’attendais avec impatience le moment (qui, hélas ! est venu) où une barbe piquante me hérisserait le menton. Je jouais aux soldats et, pour nourrir mon cheval à bascule, je ravageais les plantes que ma pauvre mère cultivait sur sa fenêtre. C’était là des jeux mâles, je pense ! Et pourtant j’eus envie d’une poupée. Les Hercule ont de ces faiblesses. Celle que j’aimais était-elle belle au moins ? Non. Je la vois encore : Elle avait une tache de vermillon sur chaque joue, des bras mous et courts, d’horribles mains de bois et de longues jambes écartées. Sa jupe à fleurs était fixée à la taille par deux épingles. Je vois encore les têtes noires de ces deux épingles. C’était une poupée de mauvais ton, sentant le faubourg. Je me rappelle bien que, tout bambin que j’étais et ne portant pas encore de culottes, je sentais, à ma manière, mais très vivement, que cette poupée manquait de grâce, de tenue ; qu’elle était grossière, qu’elle était brutale. Mais je l’aimais malgré cela, je l’aimais pour cela. Je n’aimais qu’elle. Je la voulais. Mes soldats et mes tambours ne m’étaient plus de rien. Je ne mettais plus dans la bouche de mon cheval à bascule des branches d’héliotrope et de véronique. Cette poupée était tout pour moi. J’imaginais des ruses de sauvage pour obliger Virginie, ma bonne, à passer avec moi devant la petite boutique de la rue de Seine. J’appuyais mon nez à la vitre et il fallait que ma bonne me tirât par le bras. « Monsieur Sylvestre, il est tard et votre maman vous grondera. » M. Sylvestre se moquait bien alors des gronderies et des fessées. Mais sa bonne l’enlevait comme une plume, et M. Sylvestre cédait à la force. Depuis, avec l’âge, il s’est gâté et cède à la crainte. Il ne craignait rien alors.

J’étais malheureux. Une honte irréfléchie mais irrésistible m’empêchait d’avouer à ma mère l’objet de mon amour. De là mes souffrances. Pendant quelques jours la poupée, sans cesse présente à mon esprit, dansait devant mes yeux, me regardait fixement, m’ouvrait les bras, prenait dans mon imagination une sorte de vie qui me la rendait mystérieuse et terrible, et d’autant plus chère et plus désirable.

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